Finance & Assurance

Déclarer son chiffre d'affaires micro-entrepreneur en 2026

10 min de lecture
Déclarer son chiffre d'affaires micro-entrepreneur en 2026

Pour déclarer son chiffre d’affaires de micro-entrepreneur, vous passez par le site de l’Urssaf réservé aux auto-entrepreneurs, chaque mois ou chaque trimestre, avant la fin du mois qui suit la période. Vous y inscrivez les sommes réellement encaissées, hors taxes et sans déduire aucune charge, puis vous réglez les cotisations dans la foulée.

Déclarer son chiffre d’affaires micro-entrepreneur : le parcours en ligne

Selon Entreprendre Service Public, dans sa fiche vérifiée le 1er janvier 2026, la démarche se fait obligatoirement en ligne, sur autoentrepreneur.urssaf.fr ; l’Urssaf propose aussi son application mobile. Chaque déclaration URSSAF micro-entreprise suit le même enchaînement :

  • connexion à votre espace, rubrique « Déclarer et payer » ;
  • saisie du chiffre d’affaires encaissé, réparti par catégorie d’activité ;
  • lecture des cotisations calculées par le formulaire, impôt compris en cas de versement libératoire ;
  • validation, puis paiement.

L’échéance s’ouvre au début du mois qui suit la période. Déclarer dès l’ouverture ne vous fait pas payer plus tôt avec le télépaiement : l’Urssaf prélève au plus tôt le lendemain de l’échéance.

Une ligne par catégorie d’activité

Le formulaire ventile le chiffre d’affaires par nature d’activité, chaque catégorie ayant son propre taux :

  • vente de marchandises ou fourniture de logement ;
  • prestations de services commerciales ou artisanales ;
  • autres prestations de service, pour les libéraux non réglementés ;
  • recettes des libéraux relevant de la Cipav.

Un menuisier qui fournit puis pose le matériel, cas d’activité mixte cité par Entreprendre Service Public, remplit deux lignes dans une seule déclaration. Une recette rangée dans la mauvaise case change le taux appliqué.

Mensuelle ou trimestrielle : le calendrier des échéances

La périodicité mensuelle s’applique par défaut. La déclaration trimestrielle se demande dans le mois qui suit l’entrée dans le régime, selon l’article R613-7 du code de la sécurité sociale, puis se reconduit tacitement chaque année civile.

Chaque déclaration de chiffre d’affaires d’auto-entrepreneur porte sur le mois ou le trimestre civil écoulé et se dépose, paiement compris, avant la fin du mois suivant : le chiffre d’affaires de juin se déclare au plus tard le 31 juillet. En trimestriel, l’article R613-8 fixe quatre dates :

Encaissements de la périodeDate limite de déclaration et de paiement
Janvier à mars30 avril
Avril à juin31 juillet
Juillet à septembre31 octobre
Octobre à décembre31 janvier de l’année suivante

Une date limite qui tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié glisse au jour ouvré suivant, précise l’Urssaf. Le mensuel colle aux encaissements et fractionne les paiements ; le trimestriel espace les rendez-vous mais concentre les sommes. L’Urssaf recommande le mensuel aux allocataires de l’assurance chômage, du RSA ou d’un autre minimum social, qui transmettent des justificatifs chaque mois.

La première déclaration, au moins 90 jours après le démarrage

Rien n’est dû le mois de la création. L’article R613-12 fait porter la première déclaration sur toute la période allant du début d’activité à la fin des trois mois civils suivants en mensuel, ou du trimestre civil suivant en trimestriel. Entreprendre Service Public en donne deux exemples : démarrage le 6 mars 2026 en mensuel, première déclaration au plus tard le 31 juillet 2026 ; démarrage le 12 avril 2026 en trimestriel, au plus tard le 31 octobre 2026.

Provisionnez donc les cotisations dès les premiers paiements reçus, et revoyez au besoin les étapes de création d’une micro-entreprise.

Étal de marché en bois garni de cagettes de pommes dans une rue déserte au petit matin

Changer de périodicité : anticiper la demande

L’article R613-7 admet une modification demandée lors d’une déclaration de chiffre d’affaires, au plus tard avec celle du quatrième trimestre de l’année précédente. La foire aux questions de l’Urssaf en tire une demande avant le 31 janvier de l’année visée ; Entreprendre Service Public retient le 31 octobre de l’année précédente. Formulée avant le 31 octobre, à l’occasion d’une déclaration courante, votre demande arrive à temps dans les deux lectures.

Le montant à déclarer : vos encaissements hors taxes

Le chiffre à inscrire n’est ni votre facturé, ni votre bénéfice : ce sont les sommes encaissées sur la période, hors taxes, sans aucune déduction. Entreprendre Service Public exclut les ventes réalisées mais pas encore payées et interdit de retrancher commissions ou frais. Cette logique relève de la comptabilité de trésorerie ; l’Urssaf précise qu’en comptabilité d’engagement, la vente se déclare à la livraison ou à la fin de la prestation, même impayée.

Ce qui entre dans la déclaration

  • les acomptes, au moment où vous les percevez, y compris celui versé à la signature d’un devis d’auto-entrepreneur ;
  • les pourboires et les sommes reçues par financement participatif ;
  • le prix total payé par le client, même quand une plateforme de mise en relation retient sa commission ;
  • les frais refacturés, indemnités kilométriques comprises.

Ce qui en sort

  • la TVA facturée, si vous y êtes assujetti ;
  • les débours, à condition que la somme ait été avancée au nom et pour le compte du client, facturée à son nom et refacturée au montant exact ;
  • les factures non réglées, qui attendront leur période d’encaissement.

Un compte bancaire dédié à l’activité rend ce tri presque mécanique : chaque crédit du relevé répond à une ligne du livre des recettes.

Déclarer à zéro, même sans un euro encaissé

Un mois sans encaissement ne dispense pas de déclarer : l’article L613-8 du code de la sécurité sociale impose la déclaration même lorsque le montant est nul. Le texte réglementaire parle de mention « néant » ; dans le formulaire, l’Urssaf demande un montant de 0 euro.

La déclaration à zéro se poursuit pendant une mise en sommeil, puisque l’immatriculation et le compte restent actifs. Aucune cotisation n’est due, sauf option pour les cotisations minimales, qui maintient certaines garanties comme les indemnités journalières moyennant un paiement.

Entreprendre Service Public prévient toutefois qu’une micro-entreprise sans chiffre d’affaires déclaré pendant 24 mois ou 8 trimestres consécutifs est radiée d’office.

Fiches cartonnées vierges épinglées sur un tableau en liège au-dessus d’un plan de travail de céramiste

Payer les cotisations, et l’impôt si vous l’avez choisi

Le paiement suit la déclaration, par télépaiement ou par carte bancaire. Le montant applique le taux de chaque catégorie au chiffre d’affaires saisi : pour 2026, Entreprendre Service Public et l’article D613-4 du code de la sécurité sociale retiennent par exemple 12,3 % pour la vente de marchandises et 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales. S’y ajoute la contribution à la formation professionnelle, hors taux forfaitaire d’après Entreprendre Service Public, qui finance les droits présentés dans notre dossier sur la formation professionnelle des micro-entrepreneurs.

Le versement libératoire change la somme, pas le calendrier

Avec le versement libératoire, l’impôt sur le revenu se règle avec les cotisations, sur le même chiffre d’affaires. La fiche d’Entreprendre Service Public sur le régime fiscal, vérifiée le 13 mai 2026, fixe ce prélèvement à 1 % pour le commerce et l’hébergement, 1,7 % pour les autres activités BIC et 2,2 % pour les BNC.

L’option se demande à l’Urssaf avant le 30 septembre pour l’année suivante, ou avant la fin du troisième mois qui suit celui de la création. Elle suppose un revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année sous un plafond lié au foyer : 29 579 euros pour une personne seule, selon la même fiche. Deux vigilances :

  • l’impôt versé est définitif, jamais remboursé même à un foyer non imposable, rappelle l’Urssaf ;
  • l’acompte du prélèvement à la source ne s’arrête pas seul : déprogrammez-le dans votre espace particulier, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ».

Retard, oubli, erreur : ce que prévoit le code de la sécurité sociale

Une déclaration manquante coûte d’abord une pénalité : 1,5 % du plafond mensuel de la sécurité sociale, arrondi à l’euro supérieur, selon l’article R613-9, soit un peu plus de 60 euros en 2026 d’après Entreprendre Service Public.

Si des déclarations de l’année manquent encore à la dernière échéance, l’article R613-10 prévoit une taxation d’office : cotisations calculées sur le douzième ou le quart des plafonds de la franchise en base de TVA, majorées de 5 % par déclaration mensuelle manquante ou de 15 % par trimestrielle, puis notifiées dans le mois. Cette base peut dépasser de loin votre activité réelle. Déclarer ensuite reste possible : les cotisations sont recalculées sur le chiffre réel, mais la pénalité passe à 3 % des cotisations dues, avec une remise partielle envisageable.

Corriger une déclaration erronée

Une recette oubliée se rectifie sans formalité tant que l’échéance court : l’Urssaf autorise la modification en ligne jusqu’à la date d’exigibilité, 23 h 59. Passé ce délai, la déclaration n’est plus modifiable en ligne. Écrivez alors à votre Urssaf par la messagerie de votre espace, détail des encaissements à l’appui.

Atelier de couture lumineux et désert avec rouleaux de tissu et bobines de fil

Plateformes numériques : les cotisations prélevées à la source

D’après l’Urssaf, les plateformes numériques de mise en relation prélèvent elles-mêmes les cotisations sur les revenus reversés : des plateformes volontaires à partir du dernier trimestre 2026, toutes à partir du 1er janvier 2027. Elles appliquent le taux communiqué par l’Urssaf, versement libératoire compris, et transmettent chaque mois votre chiffre d’affaires. Ces revenus sortent de votre propre déclaration, mais trois réflexes demeurent :

  • déclarer vous-même les encaissements hors plateforme, à votre rythme habituel ;
  • déclarer aussi les paiements en espèces, exclus du prélèvement ;
  • contrôler dans votre espace les montants transmis pour votre compte.

La déclaration annuelle de revenus, un second passage obligatoire

La déclaration à l’Urssaf ne remplace pas la déclaration de revenus : chaque année, le chiffre d’affaires de l’année écoulée se reporte sur la déclaration complémentaire n° 2042 C PRO.

  • Sous le prélèvement à la source, l’administration applique l’abattement forfaitaire de votre catégorie (71 % pour le commerce, 50 % pour les prestations de services commerciales, 34 % pour les BNC selon Entreprendre Service Public), impose le résultat au barème et prélève des acomptes mensuels ou trimestriels.
  • Avec le versement libératoire, le chiffre d’affaires figure dans le cadre réservé à cette option : l’impôt est déjà payé, sans double imposition.

Dans ce second cas, impots.gouv.fr précise que le chiffre d’affaires, après abattement, sert au calcul du revenu fiscal de référence, du taux effectif appliqué aux autres revenus du foyer et du plafond de déduction de l’épargne retraite, détaillé dans notre article sur le plan d’épargne retraite de l’indépendant.

Prochaine étape : notez votre prochaine échéance, rappel compris, puis rapprochez les encaissements du relevé et du livre des recettes avant de valider, même à zéro.

Questions fréquentes

Que déclarer lors de la cessation d’activité ?

La dernière déclaration couvre la période allant du début du mois ou du trimestre civil à la date de cessation. L’Urssaf prend l’exemple d’une activité arrêtée le 10 août : en mensuel, la période du 1er au 10 août se déclare et se paie au plus tard le 30 septembre ; en trimestriel, la période du 1er juillet au 10 août se déclare au plus tard le 31 octobre. Un encaissement reçu après la fermeture pour une vente antérieure mérite une question à votre Urssaf avant toute saisie.

Un tiers peut-il déclarer à votre place ?

Oui, si ce tiers est habilité par l’Urssaf et que vous l’avez mandaté. La tierce déclaration reste facultative : le prestataire déclare le chiffre d’affaires et ordonne le paiement par télépaiement, la carte bancaire étant exclue dans ce cadre. Vous ne pouvez avoir qu’un seul tiers déclarant actif à la fois, et vous gardez la main, puisque votre espace en ligne autorise la modification jusqu’à la date d’exigibilité. Le mandat se révoque à tout moment, avec une confirmation par courriel de l’Urssaf.

Les déclarations faites pendant les 90 premiers jours sont-elles définitives ?

Pas immédiatement. L’Urssaf ouvre les déclarations dès la réception de votre notification d’affiliation, sans attendre la première échéance. Pendant le délai minimal de 90 jours qui suit le début d’activité, les déclarations et paiements validés restent modifiables, sauf paiement par carte bancaire, puis deviennent définitifs à l’issue de ce délai. Déclarer tôt comporte donc peu de risque, à condition de reprendre la saisie si un encaissement tardif s’ajoute à la période concernée.

Mots-clés

déclaration chiffre d'affaires auto-entrepreneur déclaration URSSAF micro-entreprise déclaration trimestrielle micro-entrepreneur pénalité retard déclaration URSSAF déclaration à zéro auto-entrepreneur